La présomption d’innocence menacée par les réseaux sociaux

Ce phénomène touche n’importe quel pays où l’accès aux réseaux sociaux n’est pas restreint. Certains experts n’ont même pas hésité à lui donner un nom : le tribunal de buzz. Eh oui, les réseaux sociaux mettent à mal la présomption d’innocence au nom de la liberté d’expression, ce qui implique, selon certains d’entre eux, la nécessité de mieux les encadrer.

Des juges se trouvant derrière leur écran

Grâce aux réseaux sociaux, il est devenu plus facile de défendre des belles causes, mais le contraire existe également sans que l’on ne s’en rende compte. Nombreux sont en effet les gens qui n’ont pas pu réellement profiter du concept de la présomption d’innocence, du fait d’une masse de condamnation fait sur les Facebook, Twitter et Instagramm, entre autres. Ces derniers sont même devenus une arme pour manipuler l’opinion publique en sa faveur comme cela a été le cas lors de l’élection qui a porté Donald Trump au pouvoir. Le buzz est donc ainsi au cœur des nouvelles du Web 2.0. Qu’une rumeur est fondée ou non importe peu, car chaque membre des réseaux sociaux est devenu de plus en plus un magistrat qui émet ses jugements de condamnation derrière leur écran d’ordinateur, de Smartphone ou de tablette.

La présomption d’innocence piétinée

Nos aïeuls ont fait tout leur possible pour que nous bénéficiions actuellement de ce que l’on appelle présomption d’innocence, un droit fondamental selon lequel une personne suspectée est présumée innocente tant qu’il n’y a pas établissement de sa culpabilité et jugement allant dans ce sens émis par une juridiction de la République. Il faut en effet rappeler qu’il s’agit de l’un des droits obtenus de la Révolution française et qui figurent dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789, une disposition reprise par ailleurs par la Convention européenne des droits de l’homme depuis une loi du 15 juin 2000. Mais au nom du droit d’informer les citoyens et du devoir des médias de leur faire connaître les soupçons concernant leur semblable, les médias n’hésitent pas à publier ou diffuser sur un individu soupçonné d’infraction. Les membres des réseaux sociaux, de leur côté, n’hésitent pas à relayer les informations qu’ils obtiennent de ces médias, en n’oubliant pas d’émettre leurs jugements.

Un phénomène qui ne date pas d’hier

Les réseaux sociaux modernes sont-ils donc les seuls à blâmer en ce qui concerne ce phénomène ? La réponse est non. Depuis qu’ils ont existé, les médias n’ont pas hésité à se moquer de la présomption d’innocence que cela leur fait vendre ou ait des effets positifs sur leur audimat. Les exemples les plus parlants concernent, entre autres :

  • L’affaire Dreyfus
  • Le suicide de Pierre Bérégovoy
  • L’affaire d’Outreau

Les choses se sont cependant empirées depuis l’avènement des réseaux sociaux modernes qui est à la source d’un nouveau concept du nom de « présomption de culpabilité ». Actuellement en effet, n’importe quel média social est habitué à utiliser les termes « voleur présumé » et « tueur présumé », entre autres, et cela ne choque plus l’opinion publique. Il est ainsi nécessaire de ré-encadrer le domaine, car on ne doit pas laisser les tribunaux du buzz se substituer à nos palais de justice.

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